123456 et password. Deux codes, mille failles. Malgré les rappels répétés des pros du numérique, une majorité d’internautes s’accroche à ces sésames périmés, comme si rien ne pouvait leur arriver. Le danger, pourtant, rôde à chaque connexion.
Les sites les plus exposés tentent de relever le niveau en imposant des règles de création plus corsées. Mais beaucoup d’utilisateurs jouent avec le feu, contournant ces précautions d’un simple ajout, un chiffre, une date de naissance, parfois même un point d’exclamation. Rien de bien sorcier à deviner pour qui s’y connaît un minimum. Cette routine délétère continue d’alimenter les brèches les plus exploitées par les hackers.
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Plan de l'article
Pourquoi certains mots de passe reviennent partout ?
À force de multiplier les inscriptions un peu partout, la gestion des accès vire vite à la galère. Résultat : on recycle les mêmes codes passe-partout, souvent simplistes, un peu partout. C’est humain : la mémoire n’est pas infaillible, alors on préfère miser sur le facile à retenir plutôt que sur le complexe à forger.
Ce réflexe s’explique aussi par une fausse impression d’invulnérabilité. Tant qu’aucun piratage n’a frappé à la porte, difficile d’imaginer que le risque existe vraiment. En France, « 123456 », « azerty », « motdepasse » ou le prénom de son frère trustent les classements. Conséquence : la protection des données personnelles s’effrite, et le travail des hackers ressemble à une formalité.
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Voici pourquoi ce cercle vicieux perdure :
- Le manque d’éducation à la cybersécurité auprès du grand public
- Le nombre de comptes à gérer ne cesse de grimper
- L’absence d’outils fiables pour centraliser et sécuriser ses accès
Dupliquer le même mot de passe sur différents sites, c’est jouer à quitte ou double. Une seule fuite et l’ensemble de vos identifiants risque de tomber dans la nature. La sécurité d’un compte dépend toujours du verrou le plus fragile. Trop souvent, la balance penche du côté de la facilité, au mépris de la confidentialité.
Le top des mots de passe les plus populaires (et les plus risqués)
L’étude annuelle NordPass ne laisse aucune place au doute : la routine prime sur la vigilance. Les codes comme « 123456 », « password », « azerty », ou « 123456789 » figurent systématiquement parmi les plus retrouvés dans les bases issues de fuites massives. On les croise sur les réseaux sociaux, professionnels comme LinkedIn, et sur toutes sortes de plateformes, sans distinction d’âge ou de secteur.
Les exemples qui suivent illustrent les choix les plus répandus, et les plus risqués :
- 123456
- azerty
- motdepasse
- 123456789
- qwerty
Un simple passage sur HaveIBeenPwned suffit à comprendre l’ampleur du phénomène : chaque mot de passe cité se retrouve déjà archivé sur le darkweb, prêt à l’emploi pour les robots et les pirates. Plus un code est populaire, plus il devient vulnérable, car il alimente les scénarios d’attaque automatisée. Cette tendance n’a rien de franco-français : la situation se répète partout dans le monde.
Chaque nouvelle fuite accentue la nécessité de rompre avec ces automatismes. Les pirates informatiques profitent de cette homogénéité pour rebondir d’un compte à l’autre, multipliant les dégâts lors de chaque incident.
Mauvaises habitudes : ce qui met vraiment vos comptes en danger
Certains choix en matière de mot de passe reviennent à tendre la perche aux hackers. Miser sur un code court, facile à deviner, prénom, date de naissance, séquence de chiffres,, c’est leur ouvrir la porte. Les attaques automatisées, comme le bruteforce, testent ces combinaisons en quelques secondes. Un mot de passe composé exclusivement de minuscules se casse tout aussi vite ; il ne résiste pas longtemps à un logiciel bien entraîné.
Réutiliser le même code sur différents services en ligne fait bondir le risque. À la première fuite, vos réseaux sociaux, votre boîte mail et votre compte bancaire peuvent tous basculer dans le viseur des hackers. Les logiciels malveillants exploitent ces listes compromises pour orchestrer des campagnes ciblées. Dans ce domaine, la routine se paie cher : chaque compte mérite une combinaison qui n’appartient qu’à lui.
Plusieurs travers reviennent régulièrement :
- Peu de variété : la majorité recycle les mêmes structures d’un site à l’autre
- Codes trop courts : moins de 12 caractères, et la résistance s’effondre face à une attaque automatisée
- Utilisation de mots du dictionnaire, de noms de famille ou de suites évidentes : une aubaine pour les attaquants
La gestion des accès doit s’appuyer sur une vraie prise de recul. Miser sur des mots de passe faibles, c’est comme laisser la clé sous le paillasson : le risque est permanent. Les spécialistes de la sécurité numérique invitent chacun à bousculer ces vieux réflexes pour limiter l’impact des fuites et renforcer la protection des données personnelles.
Des astuces simples pour choisir un mot de passe vraiment solide
Pour renforcer la sécurité de vos comptes, misez sur une combinaison à la fois originale et difficile à deviner. Oubliez les mots du dictionnaire ou les suites logiques : préférez une phrase longue, composée de lettres majuscules, minuscules, chiffres et symboles. Cette diversité déroute les robots, même les mieux entraînés à écumer les bases du darkweb.
Voici deux recommandations concrètes pour bâtir un mot de passe résistant :
- Associez plusieurs mots sans logique apparente, puis incorporez ponctuation et chiffres
- Visez un minimum de 12 à 16 caractères pour chaque accès en ligne
Pour aller plus loin, les gestionnaires de mots de passe s’imposent comme une solution efficace : ces coffres-forts numériques génèrent, stockent et saisissent automatiquement des codes complexes sur l’ensemble de vos applications et sites web. Les outils proposés par Google, Apple ou Microsoft sont désormais intégrés à leurs services, facilitant leur adoption au quotidien.
Ajoutez à cela l’authentification multifactorielle : ce rempart impose une vérification supplémentaire, via téléphone ou clé physique, même si un mot de passe venait à fuiter. Les passkeys, en plein déploiement chez les géants du numérique, s’annoncent déjà comme la relève, promettant de reléguer le simple mot de passe au rang de vestige.
Un mot de passe, c’est bien plus qu’un code : c’est la première ligne de défense entre votre vie numérique et ceux qui rêvent d’y mettre la main. La prochaine fois que vous en créez un, posez-vous la question : tiendra-t-il face à la prochaine tempête ?