Apple ne produit pas d’iPhone pliable, et aucune annonce officielle ne laisse présager un lancement imminent. La firme de Cupertino a pourtant déposé des brevets liés à des écrans pliables, ce qui alimente régulièrement les spéculations. Mais entre un brevet et un produit commercialisé, le fossé reste considérable, surtout pour un constructeur qui refuse historiquement de livrer une technologie qu’il juge immature.

Brevets Apple et écran pliable : ce que les dépôts révèlent vraiment
Les brevets déposés par Apple autour de la technologie pliable ne décrivent pas un iPhone. Le dispositif breveté s’apparente davantage à un iPad mini-format compatible Apple Pencil. Nous observons ici un schéma classique chez Apple : protéger une propriété intellectuelle large sans s’engager sur un calendrier produit.
Un brevet ne vaut pas feuille de route. Apple dépose chaque année des centaines de brevets couvrant des concepts qui ne verront jamais le jour sous forme de produit grand public. Interpréter un dépôt comme une confirmation de lancement relève d’une lecture erronée du processus industriel.
Le fait que le brevet concerne un format tablette, et non un smartphone, indique une orientation précise. Apple semble considérer que la charnière pliable apporte plus de valeur sur un grand écran que sur un téléphone. La surface d’affichage d’un iPhone, même déplié, reste contrainte par l’encombrement en poche, un compromis que la marque ne juge visiblement pas satisfaisant aujourd’hui.
Pourquoi Apple refuse de concurrencer le Samsung Z Flip sur le pliable
Samsung commercialise des smartphones pliants depuis plusieurs générations, avec le Z Flip et le Z Fold comme porte-étendards. Malgré cette avance, Apple n’a montré aucun signe de précipitation. Cette posture n’est pas de l’inertie.
Apple a toujours attendu qu’une technologie atteigne un seuil de fiabilité et d’expérience utilisateur avant de l’adopter. Le même schéma s’est produit avec la 5G, le NFC ou l’écran OLED, des technologies présentes chez la concurrence bien avant leur intégration dans l’iPhone.
Sur le segment pliable, plusieurs points techniques restent problématiques :
- La marque de pli visible au centre de l’écran, encore perceptible même sur les derniers modèles concurrents, constitue un défaut esthétique qu’Apple tolère difficilement sur ses produits
- La durabilité de la charnière sur plusieurs années d’usage intensif n’est pas encore démontrée à grande échelle, un risque que la marque ne prend pas avec sa base installée
- L’intégration logicielle d’un format d’écran variable dans iOS demanderait une refonte significative de l’interface, bien au-delà d’un simple ajustement de résolution
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MacBook ou iPad pliable : le vrai projet d’Apple avec écran flexible
Le projet le plus concret côté Apple ne concerne pas l’iPhone. Selon les informations rapportées par Business Korea, Apple négocie avec des fournisseurs pour des panneaux OLED et des dalles pliables destinés à un appareil plus grand, probablement un MacBook ou un iPad hybride.
Les analystes décrivent un produit 2-en-1 doté d’une dalle 4K d’environ 20 pouces, capable de fonctionner à la fois comme tablette et comme ordinateur portable. Ce format rappelle la logique du Surface Book chez Microsoft, mais avec une approche différente : un unique écran pliable remplaçant le duo clavier physique + écran.
Ce choix de format fait sens du point de vue de l’ingénierie Apple. Un écran de 20 pouces plié en deux produit deux surfaces d’environ 10 pouces, soit la taille d’un iPad. Déplié, il offre un espace de travail comparable à un écran externe. La valeur ajoutée de la charnière est immédiatement perceptible, contrairement à un smartphone où le gain de surface reste marginal.
Fournisseurs et chaîne d’approvisionnement OLED
Les négociations en cours portent sur les composants critiques : panneaux OLED flexibles et mécanismes de charnière. Apple travaille historiquement avec Samsung Display et LG Display pour ses dalles OLED. La montée en puissance de BOE, fournisseur chinois, pourrait aussi jouer un rôle dans la diversification de la chaîne d’approvisionnement pour ce type de produit.
La disponibilité de dalles OLED pliables en volume suffisant reste le facteur limitant principal. Produire un écran flexible de 20 pouces sans défaut visible au niveau de la pliure demande une maîtrise industrielle que peu de fournisseurs possèdent à ce stade.
Calendrier de lancement : que disent les sources sur 2025 et 2026
Business Korea avance un calendrier en deux temps. Une présentation lors d’une keynote pourrait intervenir en 2025, avec une commercialisation du MacBook pliable envisagée pour 2026. Ce décalage entre annonce et mise en vente correspond à la stratégie habituelle d’Apple.
La marque a déjà utilisé ce procédé avec l’Apple Watch et le Vision Pro : une présentation publique suivie de plusieurs mois avant la disponibilité effective. Cette fenêtre permet de générer de l’attente, mais surtout de finaliser la production en volume et de corriger les derniers défauts identifiés lors des tests.
Nous devons toutefois nuancer ces projections. Les calendriers rapportés par les médias coréens se basent sur les plannings des fournisseurs de composants, pas sur des confirmations internes d’Apple. Un retard dans la chaîne d’approvisionnement OLED ou un problème de rendement sur les dalles pliables suffirait à repousser le lancement.
iPhone pliable : un horizon encore plus lointain
Même si Apple finit par commercialiser un MacBook ou iPad pliable, rien n’indique qu’un iPhone suivra automatiquement. La transposition d’un écran flexible de 20 pouces vers un format smartphone implique des contraintes radicalement différentes en termes d’épaisseur, de poids et d’autonomie.
Apple n’a confirmé aucun projet d’iPhone pliable. Les brevets déposés, les négociations fournisseurs et les fuites de la chaîne d’approvisionnement pointent tous vers un appareil de plus grande taille. Attendre un iPhone pliant avant la fin de la décennie relève, à ce stade, de la spéculation pure.
Le pari d’Apple semble clair : investir la technologie pliable là où elle transforme réellement l’usage, c’est-à-dire sur des écrans suffisamment grands pour justifier la mécanique de pliage. Un MacBook qui se replie en tablette change la donne. Un iPhone qui s’ouvre pour gagner quelques centimètres de diagonale, beaucoup moins.


