Si on vous dit « haut-parleur », il est presque certain que vous penserez automatiquement au nom Klipsch. C’est en 1946 que Paul Klipsch a commencé l’histoire de sa célèbre marque avec le légendaire diffuseur Klipschorn, calculé pour donner le meilleur de son mieux en étant positionné dans un coin. Cette excellente idée était d’utiliser l’acoustique de la pièce pour renforcer naturellement la réponse des basses malgré une longueur relativement modeste du pavillon intérieur. Tellement bonne idée que le Klipschorn, dans une nouvelle version modernisée, est encore fabriqué et vendu ! aujourd’hui.
Depuis les débuts, le pavillon est la marque de fabrique de Klipsch. Même sur les modèles les plus abordables, cet élément mythique, surtout dédié aux médiums et aigus, persiste. Côté grave, c’est un haut-parleur traditionnel qui tient la barre, tout en respectant une philosophie de design pensée pour rester à l’aise dans les intérieurs exigus, de Tokyo à Paris.
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Certains pensent peut-être que Klipsch se contente de surfer sur la mode du vintage en multipliant les clins d’œil au design des années 60. Ce serait aller trop vite. Derrière les boiseries, les équipes d’ingénieurs poursuivent une recherche fidèle à un certain idéal sonore, hérité de l’âge d’or de la hi-fi. Les méthodes qui ont fait la renommée de la marque n’ont pas disparu : elles sont soigneusement adaptées à la fabrication d’aujourd’hui. La chaleur, la générosité, la présence sonore typique des années analogiques ne se retrouvent plus dans la production industrielle standard. Chez Klipsch, une caisse en bois, des haut-parleurs efficaces, des pavillons pour ciseler le son, sont des principes gravés dans la durée. La série Heritage incarne cet état d’esprit, perpétuant plus de soixante ans de maîtrise.
« Incroyable comme les Fives sont petits ! »
Et pourtant, Klipsch a réussi à condenser tout ce patrimoine sonore dans un format que personne n’attendait. Les enceintes The Fives en sont l’incarnation la plus récente.
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Technologie et compacité
The Fives se posent sur une étagère, pas plus larges qu’un dictionnaire : 165 x 305,5 x 240 mm, une taille qui contraste radicalement avec les monuments du catalogue historique. Mais soyez attentifs : ces enceintes sont intégralement actives et disposent de leur électronique maison. Chaque haut-parleur a droit à sa propre amplification, 60 watts pour le woofer, 20 pour le tweeter à pavillon. Résultat : une restitution de 50 Hz à 20 kHz, capable d’atteindre 109 dB en crête. Les haut-parleurs occupent le devant de la scène ; la sortie Tractrix pensant à la décompression a migré à l’arrière. Ce choix, familier des adeptes de petits espaces, amplifie naturellement les basses près d’un mur ou d’un angle. Klipsch montre ici qu’on peut obtenir des basses puissantes et précises dans un boîtier modeste.

Impossible d’ignorer la finition : le modèle passé au banc se pare d’un placage en véritable noyer américain. Ce n’est pas tout à fait l’extravagance d’une Heresy IV, mais on reste face à des enceintes qui flattent l’œil. La face avant accueille une grille textile grise à fixation magnétique, affichant sans complexe une touche rétro. Autre alternative, une finition noire mate avec une grille assortie, pour une ambiance plus discrète mais tout aussi rétro. Qu’importe le décor, elles s’installent sur une étagère ou un meuble sans faux pas visuel.
Connectique
L’un des deux modèles, à placer à droite ou à gauche selon son espace, concentre toutes les entrées ainsi que l’alimentation. La seconde enceinte y est reliée à l’aide d’un câble propriétaire de quatre mètres. Dans certains cas, cette longueur peut limiter l’installation et réclamer d’étendre les câbles de vos équipements si ceux-ci sont placés entre les deux boîtiers. C’est un aspect à vérifier selon la configuration du salon. À l’inverse, ceux qui misent tout sur le sans-fil trouveront dans le Bluetooth une liberté totale.
Pour s’adapter à tous les usages, The Fives proposent des connexions dignes d’un ampli intégré. Voici ce que l’on trouve au dos :
- Bluetooth pour le streaming audio sans fil depuis un smartphone ou une tablette
- Entrée optique
- Port USB avec DAC 24 bits/192 kHz intégré
- Entrée HDMI-ARC
- Entrée jack stéréo 3,5 mm
- Entrée RCA stéréo avec commutateur ligne/phono
Le constructeur a pensé aux amateurs de vinyles : la platine à cellule MM se branche directement, sans boîtier supplémentaire.
L’intérêt de l’entrée HDMI-ARC ? Elle permet au téléviseur de transmettre l’audio simplement, sans multiplier les cordons ni bricoler la connectique. Tout transite par un seul câble. L’entrée optique reste utile pour relier une autre source à côté.
À l’épreuve du quotidien
Connecter une platine vinyle directement à des enceintes actives reste encore peu courant, ce qui donne envie d’essayer. Dans ma propre installation, une Rega P3 attendait patiemment ce moment. Placée près de l’enceinte principale, il ne m’a fallu que quelques secondes pour brancher la platine et profiter enfin de « The Wall » par Pink Floyd. Quelques notes suffisent à saisir la capacité des Fives à s’imposer dans la pièce.
« Les options de connexion sont dignes d’un ampli intégré »
L’écoute du vinyle impressionne d’emblée : émotion, ampleur, profondeur, tout y passe. Les graves, parfois un peu exubérants, témoignent clairement d’une capacité qui rivalise avec des modèles trois fois plus imposants. Un léger recul par rapport au mur a rapidement ramené l’équilibre parfait.




Autre bonne surprise, le préampli phono intégré : il se mesure sans peine à des références externes de prix comparable. On branche ensuite un lecteur CD T A 1240 via la sortie optique, et « Blues for a marches afternoon » prend vie. Klipsch assume ici une sonorité à la personnalité franche : la scène sonore se situe juste devant l’auditeur, là où d’autres marques, telles B&W, privilégient la profondeur. Cela demande un petit temps d’adaptation, mais cette présence particulière rapproche franchement l’auditeur de la musique. Après cette expérience, revenir à une écoute plus distante relève presque de l’impossible. Notons simplement que le rendu semble moins lumineux que chez d’autres modèles de la même maison, comme la fameuse Heresy IV.
« Le préampli phono n’a pas à rougir de sa qualité »
Difficile d’imaginer un test aujourd’hui sans passer par le Bluetooth. Une connexion rapide avec un Samsung S7, et le tour est joué. Tidal, Spotify ; même en streaming compressé, le résultat satisfait et reste largement dans l’esprit musical Klipsch. Sur Tidal, avec des fichiers de meilleure qualité, on redécouvre toute la matière sonore.

Impossible d’ignorer la télécommande. Elle s’avère aussi ergonomique que plaisante à l’usage. Quant aux gros potentiomètres rétro placés sur l’enceinte principale, ils imposent leur présence. Mais au jour le jour, c’est bien la télécommande qui s’impose dans la pratique, pour ajuster le volume ou changer l’entrée.
Verdict
The Fives font une proposition inattendue : des enceintes actives au format compact capables de rivaliser, côté puissance et dynamique, avec de grands modèles. Leur connectique variée, l’intégration du HDMI-ARC qui leur permet de tenir la dragée haute aux barres de son, la possibilité de brancher directement une platine vinyle : tout concourt à rendre ce duo très séduisant. Leur patte sonore, ce mélange de précision et de dynamisme propre au pavillon, donne du caractère à l’ensemble. Ces enceintes ne conviendront pas à toutes les attentes ni tous les styles. Les amateurs de scène sonore très profonde, par exemple, regarderont peut-être ailleurs. Mais rien ne vous interdit d’associer de grandes enceintes pour des heures de concentration et de réserver The Fives pour les moments conviviaux ou les sessions TV. Choisir, ici, n’a rien d’une affaire de compromis : l’envie mène la danse.
« Puissance, espace, profondeur : rien ne manque »
The Fives sont affichées à 899 € la paire, proposées avec des finitions noyer ou noir. Ceux qui cherchent à en savoir plus pourront consulter la revue vidéo ou le site de Klipsch.


